1a L’horloge des Sciences de la vie
Un regard porté sur une histoire 10 fois millénaire
Les biotechnologies définissent l’usage de processus biologiques afin de résoudre des problèmes et produire des substances utiles. L’humanité a commencé à maîtriser les plantations et à élever des animaux à l’âge de la pierre afin d’assurer son approvisionnement en nourriture et en matériaux utiles à sa vie, notamment son habillement. Durant plus de 6000 ans, l’homme s’est adjoint les services des levures et bactéries afin de lui produire des aliments fermentés dont le pain, le fromage, le yaourt, la bière et le vin. C’était la période de la biotechnologie traditionnelle.
Il y a 150 ans, un moine nommé Gregor Mendel jeta les bases de l’hérédité en étudiant le caractère transmissible de traits particuliers de plantes et par là même les bases de la biotechnologie moderne. Depuis lors, s’appuyant sur ces découvertes, l’homme a appris à sélectionner et croiser des plantes afin d’améliorer leurs propriétés (résistance aux herbicides, insectes; enrichissement en substances nutritives).
La biotechnologie recombinante exploite toujours ces découvertes mais permet d’obtenir en quelques semaines des résultats que la nature aurait mis plusieurs années à atteindre et ce de façon très précise. Elle permet ainsi d’insérer un trait particulier relevant d’un seul gène (voir le jeu 5a) dans une bactérie, une plante ou un animal.
Les biotechnologies profitent donc d’une longue tradition et se sont mises au service des Sciences de la vie. Des millions d’hommes et de femmes ont écrit leur histoire et continuent de l’écrire.
Dans le cadre de ce jeu, il serait impossible d’accorder à tous les chercheurs -justement célèbres ou injustement ignorés, voire oubliés- la place que méritent leurs travaux en les res ituant dans leur contexte. Contentons-nous d’en découvrir les principales étapes...
1b L’économie des biotechnologies
Travailler pour la bioéconomie?
Un secteur en plein essor
Cette longue histoire émaillée de découvertes marqua l’émergence d’un nouveau secteur économique promis à un bel avenir :
la bioéconomie.
Selon une étude toute récente couvrant les activités liées aux biotechnologies, ce ne sont pas moins de 20’000 personnes qui travaillent dans ce secteur d’activité en Suisse romande, avec une croissance de plus de 10% par an.
Avec 270 entreprises de biotechnologie (entreprises de développement et fournisseurs à fin 2007), la Suisse est au 6ème rang européen et au 9ème rang mondial. Par rapport au nombre de ses habitants, la Suisse a même la plus forte densité mondiale d’entreprises de biotechnologie. Le chiffre d’affaires a augmenté de 17,3% depuis 2004, atteignant 6,4 milliards de francs suisses.
En 2006, les dépenses de recherche se montaient à 1,6 milliards de francs (+15,4% depuis 2004). Le succès de l’industrie biotechnologique suisse repose sur une recherche de haut niveau, réalisée principalement par les universités et les entreprises multinationales. Il y a en Suisse 250 petites et moyennes entreprises liées entièrement ou partiellement à ce secteur.
Dans un contexte international, le chiffre d’affaires mondial a augmenté de 14% en 2008, atteignant environ 73 milliards de dollars. Avec 75% du chiffre d’affaires, les États-Unis continuent à être à la pointe de la biotechnologie mondiale. Les dépenses globales dans le secteur de la recherche et du développement ont augmenté de 34%.
Au-delà des chiffres, les progrès dans le domaine de la bioéconomie peuvent aboutir à des avancées socioéconomiques majeures, et contribuer à améliorer la santé, les rendements agricoles, les processus industriels et la protection de l’environnement. Mais le pari de la bioéconomie n’est pas gagné pour autant. Pour mobiliser tout son potentiel et tirer pleinement profit de la révolution biotechnologique, les gouvernements doivent veiller à la mise en place d’un cadre institutionnel et d’une politique responsable (voir jeu 6a).





